"Juin c'est bien # 4" : Là où Kevin, qui s'était fait oublier depuis le temps, revient en grande forme... (pump it up!)
J'aurais dû écrire ça hier, 12 juin, date in-con-tour-nable du calendrier, puisque c'est l'anniversaire de ma soeur. Bon anniversaire Agnès ! Troisième anniversaire de juin qui, je le sais, se termine toujours par des bulles...
Aujourd'hui, pas de bulles. Non. A part celles du méta-cachet d'aspirnine dans mon verre d'eau. Minérale. Tout ça à cause de Kevin et du mois de juin. Que j'explique à tous ceux qui ne sont pas profs dans un collège. Il y un moment dans le mois de juin -souvent après les premiers conseils de classe- où tout bascule. Où on passe dans une autre dimension. La dimension du "on est ensemble" (dans une salle de classe) "mais plus pour longtemps" (ton cours sur la quatrième république, tu peux toujours t'agiter derrière ton bureau... vous imaginez la suite)
Autant vous dire que les 10 prochains jours, j'ai intérêt à aller puiser très profond dans mes réserves de "juin c'est bien" pour supporter tout ça :
- les élèves qui montent en classe avec 20 mn de retard
- que je renvoie à la vie scolaire chercher un billet (non sans avoir pris soin de rédiger un petit billet genre "cet élève est en retard bla bla bla")
-qui croisent leurs copains renvoyés à la vie scolaire eux aussi pour les mêmes motifs
- qui font les cons/ la course/ des concours de pets/ déclanchent l'alarme à incendie... dans le couloir
- qui me poussent à sortir le ma classe, pour leur demander de faire moins de bruit et de se dépêcher d'aller en cours...
Bref, à un moment de la journée, c'est la récré, et je vais chercher mon café dégueu et un peu de réconfort en salle des profs. A ce moment précis de l'histoire, je crois que ma journée n'est pas encore foutue, mais non. Tout n'est que plaintes, que "la vie scolaire fait pas son boulot", que "ah, si on avait exclu untel, on n'aurait pas ce bordel dans les couloirs", que "j'en peux plus, je suis é-pui-sée"... Horreur, pas le moindre sourire ami à l'horizon. Bref, je remonte en cours, commence à mettre tout ce petit monde au travail, en gardant la porte ouverte.
Croyez le ou non, mais à un moment, il y avait Kevin, certainement renvoyé de cours par un de mes collègues, qui était devant ma porte. En train de faire le moon walk. Et de chanter pump it up. Re-croyez le ou non, mes élèves se sont mis à chanter pump it up, d'une seule voix, on aurait dit une chorale grégorienne, c'était trop beau...

Depuis, pour mettre de l'ambiance en salle des profs, quand j'arrive en sautillant, je chante pump it up.
Pump it up !