"le tiroir des interdites"
Souvenez vous, c'était au temps de l'argentique. On allait chez le photographe, on déposait sa pellicule, on attendait une dizaine de jours (oui, je remonte au temps où le développement en 24 heures n'existait même pas), on attendait d'être à la maison pour ouvrir le paquet, un peu fébrile. Et là, au milieu, il y avait LA photo immmmmonde (yeux révulsés, lippe pendante, goitre, bourrelet à l'air, que sais-je) que vous vous empressiez de planquer. Nous, à la maison, on avait un tiroir exprès pour ça, un "tiroir à photos interdites". Je ne sais pas si elles ont résisté aux déménagements, mais il y avait des photos de fin de soirées absolument terrrribles. Heureusement la photo numérique est apparue, et les interdites, pfuiiiit, se sont envolées, victimes de l'eugénisme photographique. Enfin, il existe tout de même des initiatives absolument géniales. Merci mille fois Mme gratouilles, ça me rappelle mes angles morts tout ça.
Bon, oui, oui, j'arrive (c'est juste que je suis absolument euphorique et un peu pompette, on a signé l'achat de notre maison, et on a arrosé ça à midi) moi aussi, j'ai trouvé une photo de mère indigne. Juste une. C'est que je respecte le droit à l'image de mes enfants (que vous n'avez pas beaucoup vu sur mon blog). Alors j'ai choisi celle ci, car Alice porte des lunettes noires. Comme vous pouvez le constater, elle a bien grandi, elle est blonde (mais qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça, il n'y a pas de blonds dans la famille), et se cure le nez en public comme personne.
