Tallulah gorge
Ça faisait un petit moment que nous n'étions pas partis faire un tour. Nous avons pris la longue liste des endroits à visiter avant de partir, et nous sommes tombé au hasard sur Tallulah gorge. Le nom déjà, Tallulah, est un régal.
C'est un State Park à une heure et demie d'Athens, là où finissent les Appalaches. Tout le monde nous avait dit que c'était très chouette, et on n'a pas été déçus. Nous avons eu une chance pas possible, il pleuvait à verse, et je dis ça sans fausse ironie. Parce qu'avec la chaleur qu'il fait, dès que ça s'arrête deux seconde de pleuvoir, il y a une brume...très théâtrale qui s'installe.
La journée a été très...scout : sandwichs, chansons, promenade, visite intégrale de l'écomusée local, où nous avons eu trsè peur que l'ours empaillé se réveille.
Exercice également, puisque nous sommes descendus "au fond de la gorge". Pour le coup, l'ambiance était Tahiti douche en diable. Pour ma part, je suis sortie au mauvais moment, quand la bruine rafraîchissante s'est muée en grosse pluie qui mouille...Gros yeux des locaux sur mon t-shirt très mouillé.
Sur le chemin du retour, arrêt souvenir au magasin du coin...Là, on se serait cru chez les Olson de Walnut grove. Les enfants ont eu beaucoup de mal à nous tirer du magasin, j'étais en quasi lévitaiton devant les plaques publicitaires. C'est fou ce que les 50's sont tendances ici...culte de l'âge d'or révolu? En tous cas, ma future cuisine, si jamais nous arrivons à trouver un toit avant notre retour, sera pimpante.
Ah la la, je n'aurais jamais du parler de ça...Ce me file un cafard immédiat. Malgré la joie de retrouver le pays, dès que je commence à entrevoir ce qui nous attend (je dis bien entrevoir, je n'ai pas encore sauté le pas décisif de faire une liste sérieuse) j'hésite: me pendre, rester encore un peu, partir encore plus loin, construire ma cabane au fond du bois, appeler ma mère en pleurnichant (non, sinon on va se mettre à pleurnicher ensemble), appeler ma soeur en pleurnichant, appeler Tony Soprano et lui commander 2 3 meurtres d'agents immobiliers...
Non Catherine, ça c'est une très mauvaise idée...Il ne manquerait plus que je rajoute quelques pounds à ceux que j'ai soigneusement accumulés pour les périodes de disette, et je prends la première option très au sérieux !
C'est quelque chose qui m'étonnera toujours. La façon dont la conviction de ne jamais pouvoir y arriver précède les "grandes opérations", le vertige avant la tempête...
Tout ça se finira dans quelques mois, dans un pendaison de crémaillère très arrosée, avec diaporama en option, et moi, pérorant très fort (j'ai dit qu'elle était arrosée la crémaillère) "ouais, une expérience unique blablabla rompre la routine blablabla rencontrer des gens qu'on n'aurait jamais vu ailleurs blablabla pas se laisser enfermer blablablaaaaaaaaa"