18 octobre 2009
La fille qui faisait tout pour échapper à Georges Pernoud
Le vendredi soir est (avec le samedi après midi) au top 3 des moments de la semaine que je préfère. Pas de devoirs à faire vite pour enchaîner sur le bain vite avant de vite faire le repas et de se mettre au lit vite vite vite. Non, le vendredi soir fleure bon la glande et la promesse du week end qui n'a pas encore commencé.
Sauf que.
Sauf que le vendredi soir, il y a Thalassa. Et que pour Il proffessore, un vendredi soir sans le magazine de la mer... même pas en rêve. Comment dire, c'est un peu son desperate housewives à lui vous voyez ? Non, vous voyez pas ? En même temps c'est un peu normal. Alors je feinte. Longtemps le vendredi soir a été pour moi synonyme de soirées ciné entre copines. Fastoche, j'habitais quasi au dessus du ciné. Et puis j'ai déménagé loin du ciné, et je me suis fait d'autres copines qu'on déloge de chez elle avec d'autres arguments qu'un ciné.
Mes vendredis soirs se sont donc radicalisés. Mais tout le mérite en revient à mon gourou, j'ai nommé Francis Mounier. J'ai donc testé, ces derniers temps, les "vendredis soirs avec Francis". Alors il y a eu la mise en jambe, il y a 15 jours, où je suis allée l'écouter chez Alriq. Alriq, c'est top. C'est une guinguette rive droite, la nuit on voit la ville illuminée c'est très chouette. Sauf que le 5 octobre, à 21 heures, écouter un concert en plein air, même à Bordeaux, c'est musclé. J'ai donc mis quelques jours à décongeler (heureusement que j'avais Ishbel 1 autour du coup, sinon, je mourrais de froid, la vérité).
Mais vendredi soir, j'ai fait mieux. On a fait un déplacement de groupe avec la fanfare pour aller écouter Le choc des électrons libres. Comment présenter le truc simplement ? Ben tout simplement en disant que c'est un collectif qui réunit un groupe breton, les Niou Bardophones et un groupe gascon, la Familhia Artus, dans une création qui ... Non, je vais faire plus simple, dedans, y'a de la death tambourin à cordes, du métal biniou et du hard baryton. Là, pour le coup mes petits amis, c'était très à l'ouest, mais pour tout vous dire, je crois que c'est pour ça que j'aime aller au concert. Bon, certes, j'ai eu un moment d'absence pendant le quart d'heure chanson traditionnelle béarnaise (il était question de Saint Vicent me semble-t-il), mais il y a eu ce que j'appellerais des moments de grâce, où on ne se pose pas du tout la question de trouver ça normal qu'un type pogote avec sa vielle à roue ... Non, je ne ferai pas de chute facile en disant que ça rime avec Georges Pernoud.
11 octobre 2009
Je suis Elastigiiiiiiirl
Tiens, ça c'est pour Nathalie, qui croit que je suis même pas cap de faire deux posts dans la semaine ! Tout d'abord merci mille fois pour vos encouragements témoignages, je suis revigorée, et le crochet n'a qu'à bien se tenir. Alors, c'est quoi la pensée profonde du dimanche soir ? Aucune pensée profonde cette semaine, mais deux nouvelles interplanétaires :
1- mine de rien, on a défait 10 cartons de vaisselle (dont un qui datait du déménagement aux US, autant dire du carton archéologique) bibelots et autres merdouilles ce we, j'ai eu l'impression d'être Elastigirl, et d'être maquée à Mr Indestructible
2- samedi matin, il m'est arrivé des trucs de pure folie.
Mais si, de pure folie. En ce moment, je suis un peu fatiguée. Et comme à chaque fois que je suis fatiguée, je me réveille trop tôt. Et comme je mets ça sur le compte du stress, je reste persuadée que l'exercice physique est une bonne chose. Je rêve d'une fatigue saine, qui m'assomerait à 22 heures, me ferait dormir 10 heures d'affilée... Donc, je vais courir, je prends mes pompes, je mets un beau tshirt, je prends mon aillepode, et j'y vais. Je longe la voie ferrée, je coupe le cours de la Marne, en priant pour ne pas croiser d'élève matinal, je passe la place Ste Croix, et zou, je suis sur les quais. Bon, rien que de faire ce trajet en voyant le soleil se lever sur les quais, c'est dingue. Avec de la bonne musique, c'est encore mieux. De temps en temps, je me dis qu'il faudrait que j'arrête, je dois ressembler à Rocky... Limite si je ne boxe pas dans le vide. Mais, franchement, sur les quais à 8 heures, je suis un peu toute seule.
Non, là où c'est vraiment devenu dingue, c'est que sur la route, il y avait les sculptures d'Evento (une manifestation urbaine d'art contemporain si j'ai bien tout compris). Donc, j'étais là, en petites foulées, le jour pas tout à fait levé, au milieu des canettes de bières (rapport à la fiesta de la veille) et des sculptures contemporaines, et à un moment, j'ai vu des bulles de savon partout autour de moi. Je me suis arrêtée deux secondes, impossible de savoir d'où ça venait... Je vous jure sur... je sais pas moi, mon LFS en baby alpaga que c'est vrai ! J'adore Bordeaux. Et puis vous savez quoi ? Un peu plus tard dans la mâtinée, j'ai vu Bertrand passer devant moi en vélo. Oui, Bertrraaaaaand. Bertrand Cantat quoi.
Bon, que retenir de tout ça ?
1- Je devrais sans doute essayer de dormir un peu le samedi matin
2- Je devrais sans doute porter tout le temps mes lunettes
3- Je devrais sans doute acheter de nouvelles chaussures pour courir, parce que j'ai mal aux pieds
4- Vous trouvez pas que ça fait truc de vieux d'aimer courir ?
Et vous vous faites quoi quand vous n'arrivez pas à dormir ? Merci pour tous vos petits mots et une très bonne semaine à toutes !
06 juillet 2009
La loose de l'ongle de doigt de pieds
Je me remets à peine d'un début de vacances exténuant et je découvre avec horreur, dans les commentaires du post précédent, que Moumouche a encore, encore, dérapé. C'est terrible. Elle profite toujours de moments d'absences sur mon blog. Je crois qu'elle va finir attachée au radiateur si elle continue. Enfin, je la laisse déjà garder les gnauds une semaine et après je mets mes menaces à exécution.
Alors qu'ai-je fait de ces premiers jours de vacances ? Des potsdefindannée. Un festival de potdefindannée. Je sais pas vous, mais moi, le pot de fin d'année, c'est un endroit où je n'ai aucune envie d'aller (rapport où on voit des gens de l'année alors qu'on est quasi en vacances) où je finis toujours par aller, où je bois trop, où je finis irrémadiablement par dire des conneries. Alors, voyons.
1- Lundi dernier potdefindannée du collège. Il fait chaud, mais chaud. Et ce petit vin blanc est si frais. Voilà, il est 21 heures, et on dresse les tables de la cantine dans la cour. C'est auberge espagnole. Mais tout le monde apporte des salades de concombre rapport au fait qu'il fait 50° et que dans 3 semaines, tout le monde est en bikini (je suis pas dans la mouise sur ce coup là, heureusement que je pars en Alsace). le seul problème, c'est que le rouge corsé sur une salade de concombre, c'est un peu light. Résultat, c'est malin, à 22 h04, je suis faite comme un rat. Heureusement que tout le monde a fait des clafoutis. Je ne m'en tire pas si mal.
2- Mardi, potdefindannée de la fanfare. Dernière répèt en plein air, rive droite. Il fait toujours 50°, mais il n'y a même pas de salade de concombre pour éponger le rouge toujours corsé, le rosé de l'amitié toujours frais, et les bières (on fait de la musique, merde). Non, je ne toucherai pas ces chips, je tiens à ma dignité d'être humain,allez, je me rentre. En passant sur le pont de pierre, je tombe sur une fanfare qui joue billy jean. C'est beau, je me mets à chialer comme un veau.
3- Mercredi, c'est mon potdefindannée des enfants. détox au champomy.
4-Jeudi, potdefindannée des voisins. Re auberge espagnole. Mais là, mes petits voisins ont assuré comme des pros. C'est du potdefindannée gastronomique, tout est top de chez top. J'habite rue Gama, chez les amis ricorés, c'est le bonheur !
5-Vendredi potdefindannée des collègues de Jérôme. Non, en fait, c'est l'anniversaire d'une des colègues de Jérôme, que me prévient que c'est déguisé et que le thème c'est DISCO. En arrivant, je ne vois que des hyppies. Seul un des type a sorti son afro, il est aussi beau que Bootsy Collins, mais a l'air de se sentir très seul. Jérôme et moi lui assurons tout notre soutien. Là, telle la bleusaille, je suis tombée dans le piège ultime de la soirée d'été : le PUNCH. Le punch, c'est vraiment un truc à la con. Y'a toujours un gros kéké pour le charger à mort dans le dos de tout le monde et dire après, avec un sourire entendu "Hé hé, c'est ma r'cette les gars". Résultat, à 2heures, Jérôme m'arrache de la piste de danse alors que je fais le mort vivant comme dans le clip de Thriller...
Résultat de la semaine, j'ai mal au crâne, j'ai pris au 2 kg, mais tout va bien. J'adore vivre dans une ville où on peut dîner dehors sans avoir froid. Faire du vélo la nuit et sentir l'air chaud sur les gambettes. Avoir des nouveaux collègues. Faire de la musique. Aimer mes voisins... Seul bémol, je n'ai pas trouvé mon vernis 2009 qui sera, comme l'an passé "cerise noire". J'ai bien essayé un rose très pâle, mais ça ne rend pas l'effet que je souhaitais ("mes pieds, ces fragiles pétales de rose").
09 mars 2009
C'est keultcheurel
Bon, faut que je me lance, sinon, vous n'aurez jamais votre rapport carnaval 2009, vous allez vous en faire une montagne, alors que bon, c'est juste faire le tour de Bordeaux en soufflant dans son pipeau, avec un déguisement ridicule sur le dos. Mais la parade, c'est juste la partie visible de l'iceberg. Parce qu'avant, y'a quand même les répet (comme dans Hélène et les garçons, voui voui).
Alors j'y allais avec un peu moins d'enthousiasme que l'an dernier. Juste une reparque. C'est pas pour faire ma diva, mais je suis quand même un peu agacée que notre groupe participe sans jamais être mentionné. Pas de nom sur l'affiche, pas de nom sur les programmes... Pourquoi ? Je n'en sais absolument rien. On a un peu l'impression d'être clandestins dans cette affaire, qu'on n'a pas vraiment le droit d'être là, qu'on va nous dire, dans le défilé " hep hep la p'tite dame avec le flutiau la dedans, faut sortir du défilé hein..." Et puis moi, j'aurais bien aimé un peu de nouveauté, mais les québécois de la fanfare Pourpour étaient de retour. Comme chaque année, on fait un peu répertoire commun, on s'envoie les moceaux, on les travaille avant de répéter ensemble. Et moi, le répertoire de la fanfare Pourpour, c'est pas ma cup of tea. Enfin nuance, parce qu'on va dire que je suis très ingrate. Leurs morceaux, pour que ça envoie, il faut très TRES bien jouer. Les valses, chez nous, elles sonnent parquet salon, maison de retraite. Pas eux. C'est léger, sensible, hype. Bref, on joue pas assez bien, ça fait plouc, je suis jalouse, et j'ai honte de jouer ça.
Bon, je me ressaisis parce qu'on va penser que je l'ai un peu mauvaise, mais non. En fait, je me rends compte chaque année du fossé, que dis-je, du grand canyon qui nous sépare de "nos cousins". Déjà, la pourpour's touch. Ah j'adore. C'est que pour eux, toute cette chaleur, ce soleil, à cette période de l'année, c'est beaucoup, alors ils ont une forme mes amis. Y'a Jean "on s'est vus l'année passée alors j'te faè la bise lo". Y'a Némo, qui a toujours deux chapeaux sur la taète, puis un sifflet que j'ai cru pendant un bon moment que c'était un crucifix. Y'a Suzanne (Seuzannn') qui a toujours un pantalon sous sa jupe... Enfin bon en arrivant je me régale déjà. Comme je suis un peu con, je me mets avec ceux que je connais déjà et je me cache derrière mon pupitre, des fois qu'on vienne m'agresser. Et puis PEP me l'enlève parce que le jour de la parade, on joue par coeur. C'est con des Français en groupe. C'est crispé, dieu qu'c'est crispé lo ! Parce qu'en plus, Pourpour, c'est une fanfare où faut chanter. Vous avez déjà vu des Français chanter ? Pas trop fort hein, des fois qu'on nous entende. Ils ont bien essayé de nous forcer, mais ça a juste eu pour effet de leur donner encore plus d'ardeur. Résultat, à presque minuit, on a eu une version hard métal de la valse en question... Non franchement, on est trop différent. Mais on n'avait pas dit notre dernier mot.
To be continued.
20 février 2009
Le questionnaire du mois
A chaque fois que je lis un nouveau questionnaire, je me pose la même question : qui a eu l'idée de poser ces questions ? D'où vient-il ? Par où est-il passé ? D'où vient le vent ? Qu'est-ce qu'on bouffe ce soir bordel ? Non, c'est juste pour voir si vous suivez. Je sais, ça fait plusieurs questions. Il y a quelques temps j'avais lancé un questionnaire, et je m'étais bien amusée. En répondant au dernier en date, je me suis dit que j'allais renouveler l'expérience.
Mais j'ai mieux. LE questionnaire du mois. J'explique : tous les 20 du mois, je lancerai un nouveau questionnaire. Et ce mois ci, le thème, c'est "comment faites vous vos courses ?". Pourquoi ce thème me direz vous ? Et bien la réponse tient en 3 points :
1- C'est en plein dans le mood "c'est la criiiiiise-baisse du pouvoir d'achat". Un questionnaire social en somme.
2- J'adore faire les courses.
3- Je suis traumatisée parce que l'atac où je fais mes courses est remplacé depuis hier par un simply market. J'ose à peine en parler tellement j'ai mal.
Alors rions un peu mes amis, rions !
Faites vous une liste pour faire vos courses ? Systématiquement. Et comme je suis supra organisée, je l'oublie tout aussi systématiquement. Sur la table chez moi.
Qu'achetez vous à chaque fois en double parce que vous avez oublié votre liste, grosse maligne ? Des tomates en boîte. J'ai de quoi tenir un siège. J'ai une belle collec' de pois cassés, de lentilles et de haricots blancs. M'en fous c'est hyper tendance les légumes secs ?
Qu'oubliez vous à chaque fois parce que vous avez oublié votre liste, grosse maligne ? Ben, pas grand chose quand on y pense... du liquide vaisselle, sans doute.
Dans combien d'endroits différents faites vous vos courses ? 4. Atac, marché pour les légumes, boulangerie, boucherie. Je devrais sans doute compter la poissonnerie, mais je n'ai pas envie.
Hyper ou commerce de proximité ? Là, je me sens Isabelle Giordanno à mort, consommatrice responsable et tout et tout ! Alors là mes amis, je fais mon coming out : je suis très moyenne surface. Qu'est-ce qu'une moyenne surface ? Ben c'est comme le champion de la rue bellanger au Havre, comme l'Inter de chez Moumouche, ou l'atac de Talence, pour ceux qui connaissent. Par définition, la moyenne surface se trouve en ville. Le parking de la moyenne surface n'est pas très grand. Car il n'y a jamais grand monde dans une moyenne surface. Ce qui est top dans les moyennes surfaces, c'est qu'il n'y a presque pas de choix, et que je fais mes courses en 20 mn. Parce que la dernière fois que j'ai aterri dans un immense auchanlelclerc , j'ai bloqué une demie heure devant le rayon chocolat, même chose devant les yaourts... L'horreur. Là, c'est un peu l'Albanie, c'est sympa. Et puis ce que je préfère, c'est que tu reconnais les caissières dans une moyenne surface. Quand je peux, je passe avec Piotr, parce qu'il met les sacs de farine dans des sacs plastiques (pardon des poches) pour pas que ça salisse. Mais des fois, j'aime bien Sandrine pour l'entendre râler après les clients qui rangent mal sur les tapis.
Etes vous à l'aise avec un caddie ? Non, j'ai l'impression de me faire promener, que la barre pour pousser m'arrive au cou, c'est nul.
Avez vous une carte de fidélité ? Oui, et je suis bien soulagée, parce que je ne perds pas ma cagnotte même avec le changement d'enseigne, j'ai eu chaud.
Qu'est-ce que vous n'achetez qu'en début de moi ? Des petits caillés basques (le comble de l'exotisme) et des 2 vaches vanille.
Allez vous dans des super marchés à l'étranger ?Un peu mon n'veu ! Dès que je suis à l'étranger, c'est assez en haut des trucs à faire. Ah, Tesco à Londres ! Mon petit Krogger à Athens...

Certainement le rayon que je préférais chez Krogger.
Je regrette presque de n'avoir jamais essayé, mais en fait pas tant que ça.
Mais oui, j'avais oublié l'essentiel : à qui passe-je ce questionnaire ?
Et bien à tous ceux qui veulent, qui aiment les courses ou fuient cette corvée, les font le samedi, le vendredi entre midi et deux, le mercredi avec les enfants parce que c'est plus drôle...
04 février 2009
C'est Vanessa M'dame, elle a perdu son phone
Dans la série "expérience de l'extrême", je dois dire que prof, ça offre comme qui dirait des opportunités intéressantes. Tenez, pas plus tard que lundi, il m'est arrivé ce qu'on peut communémment appeler un truc de malade. Le point de départ est plutôt classique : une sortie à Oradour sur Glane avec des élèves de troisième.
Tout se présentait bien, dossier pédagogique préparé avec soin (avec questionnaire à rendre au retour pour vérifier s'ils ont tout bien compris), sandwich et cake maison dans le sac à dos, check list dans la pochette à côté du bic, tenue confortable mais digne (j'ai hésité entre mes spring court et mes clarks, mais j'ai mis les clarks et le caban, parce que mes élèves ont aussi des spring court). Là vous vous dites "élèves à spring court, prof qui se la coule douce". Pas du tout. Parce que mon bahut, c'est pas que de la spring court, c'est aussi le la pompe de sport en 45 fillettes, c'est aussi de la botte à talons aiguilles, bref, de la diversité, de la mixité sociale, un vrai collège unique de la République.
Ca a commencé très fort avec le rendez vous à 7 heures (du matin), et des élèves déjà très très trèèèèès en forme. Mais pas tant que notre chauffeuse de bus "Bonjour, c'est vous le bus pour Oradour ? Moi c'est Jojo, y'a le Bussseu qui est sureu la placeu." (c'est un peu dur l'accent du sud ouest, mais je suis sûre que vous saisissez). Tenez, une photo pour illustrer the Jojo mood :

Vous y êtes ? Allez, quelques temps forts de cette journée mémorable :
7 heures 45 : tout le monde est dans le bus, les meilleurs au fond, les MP3 et les phones (pas les portables, c'est ring') chauffent sévère.
7 heures 48 : Odeline vient au devant de nous. Odeline est très pâle. Odeline a mal au coeubleueueuerp. Odeline nous assure l'ambiance olfactive dans le bus à Jojo pour quelques heures. Je maudis Odeline.
7 heures 58 : Jojo râle, il y a trop de bruit. Je fais mine de ne rien entendre et laisse lâchement deux de mes collègues aller au fond avec les fauves.
9 heures : je me fais un peu chier, je vais derrière aussi. Je ne suis pas déçue, un débat fait rage : manger ou non des bonbons haribecs alors qu'il y a de la gélatine et que c'est de la gélatine de porc et que c'est pas hallal. Mais peut être que c'est de la gélatine de poulet. Mais non, parce que les poulets ils n'ont pas de gélatine. Mais t'as qu'à acheter des bonbons casher, c'est pareil que hallal, et y'a pas de cochon.
9 heures 45 : le bus hoquette... Une blague à Jojo pour faire un concours de vomi ?
9 heures 47 : ce n'est pas une blague à Jojo, c'est le bus qui est en panne. Jojo appelle son boss "y'a le bus qui s'est barré en couilleu" il s'insultent un peu, ce serait la faute à jojo qui a trop appuyé sur l'embrayage.
9 heures 48 : les gnauds veulent bouffer et prendre leurs sacs dans la soute. Les gnauds veulent aller faire pipi. Certains gnauds sont de grands garçons d'un mètre soixante dix et il n'y a pas de prof mâle dans le bus. Je les regarde faire pipi contre les arbres et je me dis que je vais bien rigoler en vous racontant tout ça...
10 heures 23 : "C'est Vanessa M'dame, elle a perdu son phone" "C'est pas grave on va le retrouver... tu l'as perdu en allant faire pipi ?" Regard de Vanessa... punaise ce regard, on voit jusqu'au Wyoming dans ses yeux... "Nanchaipas"... Réfléchissement "Heu, ben on va le faire sonner, ça passera le temps... Sileeeeeeeence". Pendant 5 minutes, silence de mort pour retrouver le phone de Vanessa, re-regard très vide "Ben, on peut pas l'entendre...il est sur vibreur"
10 heures 24 : je suis perdue au milieu du Limousin en train de parler du phone de Vanessa. Un élève me demande si je veux lire OOups pour passer le temps. Je me sens un peu seule.
Eh oui, c'est aussi ça l'éducation nationale. Résultat, 8 heures de bus pour 3 heures sur place. Visite du village martyr un peu étrange. La sensibilité des élèves (" Madaaaaame y'a encore des cadaaaavres?") et la mienne font assez mauvais ménage. L'année prochaine, je ferai une préparation militaire avec une liste (pas de fut' baissé qui laisse voir la culotte, pas de sucette fluo en forme de coeur, pas de portable qui beugle de la musique), mais bon, c'est sûr, j'y retourne !
19 décembre 2008
Mais que va-t-il arriver à Henri ?

Manée m'a passé le relais (je vous dis pas le trac) pour la suite de l'histoire d'Henri. Je ne vous livre que les deux épisodes précédents, pour la version intégrale, c'est là...
Pourtant, ce n'était pas ce qu'il avait prévu pour aujourd'hui... Rien n'aurait dû se passer comme ça, il était de bonne humeur ce matin ! Pourquoi fallait-il toujours qu'elle surgisse sans crier gare, comme si elle prenait un malin plaisir à toujours tout gâcher ? Déjà, alors qu'il était petit, elle avait le don de mettre fin à ses rêves... Il leva le poing.
... et ce simple geste lui remit immédiatement
en mémoire l'invraisemblable, l'irrémédiable - Pas encore mortifié,
surtout enivré par la quantité d'adrénaline qui circulait encore dans
ses veines, qui lui avait valu cet évanouissement - cette petite mort -
qui lui avait aussi permis de passer à l'acte, puis de conduire d'une
traite de Toulon à Etretat, d'un port à l'autre, d'une mer à l'autre.
Pour la retrouver là.
Ses idées étaient claires maintenant, et il n’allait certainement pas tout gâcher avec une bagarre de terrain vague. Il avait un autre programme. «Suis moi» . C’était tout, sauf une invitation à une randonnée pédestre sur la falaise. Curieusement, il n’eut pas besoin de lui prendre le bras pour la faire monter sa voiture. «On va dire bonjour à René, ça fait longtemps.» La route était toujours aussi belle, mais il n’en vit rien, occupé à surveiller la vieille. Il fut juste un peu surpris d’arriver aussi vite au Havre. La ville avait peu changé, et il retrouva facilement la route du port.
Pardon, je sens que certaines avaient des envies de castagne, mais non, pas tout de suite... Et puis, le Havre est trop près d'Etretat pour que je résiste. Dis Couac ça te dit de prendre la suite et d'aller faire un tour "su'l peurt" ? Allez...
30 novembre 2008
Dans quelle catégorie boxe-je ?
La question de Carmen m'a plongé dans une immmmmense réflexion : joue-je dans la catégorie des filles qui dansent sur la table ou non (enfin pas que mais c'est une image, allez lire son post pour bien comprendre). Suis-je à l'ouest ? Décalée ?
Eh bien, au risque de décevoir tout le monde... Je crois que je suis assez, même très normale comme fille. Enfin, je ne rentre pas non plus dans la catégorie des parfaites, manucurées, bien coiffée. Mais pour tout vous dire (et croyez bien que j'ai réfléchi à la question) je crois que cette catégorie n'existe pas. Bon, en même temps, je suis prof, hein, et au collège, le top du glam, c'est la camper bien cirée. Autant dire que les manucures de mes collègues ne me font pas culpabiliser plus que ça.
En lisant ce billet d'Estelle, j'ai bien pensé à écrire quelques petites choses (hé hé), mais je n'arrive absolument pas à l'expliquer clairement (ça, vous avez l'habitude). Alors qu'est-ce que je sais faire tout bien comme les filles à french manucure ?
- le repassage
- le ménage
- l'osso bucco
- vouvoyer avec un naturel déconcertant, m'exprimer dans un Français très convenable (ah, je vous ai vu ricaner au fond de la classe, mais c'est vrai, parole de scout)
- hocher la tête en réunion en ayant l'air hyyyyyypra concernée par tout ce qui se dit,
- trouver des trucs à dire qui ne veulent rien dire, "faire la conversation" en somme,
- avoir un chapeau sur la tête à un mariage en trouvant ça normal (c'est mon point faible, j'adooooooore les mariages, certaines personnes sont fébriles à l'approche de Noël, moi, c'est les mariages, c'est bête parce que ça revient moins souvent...) faire une lecture à la messe avec recueillement,
- recevoir un cadeau é-pou-va-table en ayant l'air très contente (et j'ai des témoins, je vous assure que je suis convainquante!)
- placer les gens à table,
En même temps, je ne suis pas arrivée au stade adulte de la perfection, dans certaines circonstances, je suis un peu limite :
- je suis une handicapée du téléphone, je bégaie, je bave, je sue des dessous de bras, une horreur
- je suis une handicapée dans les magasins quand il faut demander "un autre livre parce que celui là est un peu abimé"
- je suis une handicapée quand je dois dire des choses désagréables, je vous donne un exemple : aux réunions parents profs, j'ai le plus grand mal à dire aux parents que leurs enfants sont de gros fumistes, qu'ils n'en branlent pas une... tout simplement parce que je ne peux pas dire les choses comme ça, 'voyez ?
- je suis une handicapée avec une brosse et un sèche cheveux. Je serai mal coiffée à vie je crois.
Mais bon, il y a une dernière chose, et c'est ça qui est chic de chic, depuis quelques temps, j'ai définitivement arrêté de me trouver nulle, merdeuse et vaguement jalouse de tout le monde, même des filles super bien coiffée. Et ça, c'est pas de la tarte !

Et comme je suis incapable d'écrire sans mettre une photo, je vous présente la fournée de streums' du WE que j'ai fait avec les gnauds. Et vous alors, vous boxez dans quelle catégorie, streums' ou french manucure ?
24 novembre 2008
Ma loque préférée


Bon, spontanément, je ne vous aurais jamais montré ça, il fallait bien que ce soit pour Sandra. Je vous épargne le dos, avec Athens GA marqué dessus. Big city bread, c'était notre salon de thé aux Etats-Unis, il y avait une cour où les enfants faisaient des dessins à la craie, des muffins de la mort, un vrai expresso et du bon pain. Bref, l'endroit parfait pour se remonter le moral en cas de coup de mou. C'est là qu'on a pris notre dernier petit dèj avant de rentrer en France, et que j'ai acheté ce tshirt en loucedé, que je l'ai gardé dans mon sac à main jusqu'à Paris... Bon allez, j'arrête, parce que je sens que je vais verser une larme. Enfin tout ça pour dire que, l'hiver, sous mes gros pulls, j'ai un coq argenté (oui, argenté) sur la poitrine ! C'est dit !
20 novembre 2008
Ne jamais sous estimer le pouvoir du déni
Vous vous souvenez, dans le père Noël est une ordure, quand Pierre s'explose les doigts dans le compteur électrique, qu'il dit à Thérèse "Putain de ta mère salope", Josiane Balasko, dans son ascenseur prend un air de conspiratrice et dit "ça y est, vous l'avez bien cherché, vous êtes contents, vous allez appeler un réparateur maintenant". Et bien ma conscinece avait exactement la tronche de madame Musquin ce matin. Quand je suis allée chez le toubib. Quand il m'a fait les gros yeux. Quand il m'a dit que j'avais 9 de tension. Qu'il m'a renvoyée au pieu avec un coup de pied dans le cul, des ordonances, des radios et des prises de sang (non, pas de prises de sang, mais c'est pour que ça aie l'air plus grave et que vous me plaigniez un peu).
Ne jamais sous estimer le pouvoir du déni, il faudrait que je m'en souvienne de temps en temps. Une déménagement, même pas mal, j'ai l'habitude. Le boulot, peuh, le collège c'est nul, y'a rien à préparer. Trois enfants, même pas mal, ils sont adorables et très autonomes. Mais en fait, je sais trèèèès bien d'où vient le problème. Non, ce n'est pas le Loupiac, de toute façon, depuis quelques temps, un demi verre me fait l'effet d'une bouteille. Non, pas la drogue non plus. C'est l'effet conjugué de Rickie lee Jones et de Beth Gibbons, ni plus ni moins, à force d'écouter de la musique de neurasthénique, il fallait s'y attendre, je n'ai que ce que je mérite.
Alors j'ai pris les choses en main. Je suis allée en ville, et je suis allée acheter deux petits remontants. Un euphorisant, le dernier d'Anis, mais si, vous avez forcément entendu Rodéo Bld "Y'a des hauts des hauts..." Très, très très efficace. Et puis un traitement de fond. Ottis Redding, des live de Londres et Paris que Volt Records (ou Stax ou je ne sais pas bien qui) vient de ressortir (je dis ça parce qu'après j'ai interro écrite avec Renaud).
Try a little tenderness... Oh punaise de punaise. Bon, évidemment, il y a l'intro à la trompette. Mais vous savez ce que je préfère ? C'est quand il commence à chanter, il y a seulement les plages d'orgues, et la guitare n'est pas encore rentrée, et la batterie, fait juste tac-tac-tac (en version studio, il le fait sur le bord de la batterie, c'est encore mieux, je me demande si ce n'est pas ça un rimshot) tac tac tac et lance le tempo, qui va s'avérer complètement furieux, jusqu'au refrain....RRRRRrrrr.
Vous savez quoi ? Ca va déjà beaucoup, beaucoup mieux !

Et... Oh... Et My girl aussi ! Vous savez, juste avant le pont (le petit passage au milieu où il ne chante pas et où les cuivres jouent tous seuls, juste avant qu'il ne lance son "hey hey hey") le mini silence qui fait tout basculer avec le poum poum poum de la basse, aaaah, je défaille !







