L'autre jour, dans un moment d'enthousiasme débordant, je me suis dit que je ne savais plus rien faire. Je me suis demandée comment je me débrouillais, du temps de ma splendeur, pour arriver à écrire mon billet quasi quotidien. Coudre ma blouse hebdomadaire. Cuisiner mes tournées de cookies à la chaîne. Conduire les gnauds à toutes leurs activités et leur faire faire leurs devoirs. Lire des histoire aux gnauds. Faire de la pâte à modeler avec les gnauds. Corriger mes copies. Jouer de la flûte... Bref, quel était le secret de la trentenaire hyperactive (et en même temps un peu chiante non ?) que j'avais perdu en route.

Ne vous méprenez pas, je n'ai aucune, je dis bien aucune nostalgie de cette période. Les gnauds sont devenus super autonomes, prennent le bus tous seuls, font leurs devoirs seuls, et viennent me demander tous seuls si j'ai fait des cookies. La gnaude aînée (celle qui en avait marre des salopettes Osh Kosh quand elle était petite) est très proche de ses 19 ans et va bientôt partir à l'étranger. Le gnaud mâle va passer son bac de Français, et présenter sous peu un TPE sur la culture des champignons qui va changer la face du monde. La gnaude cadette, quant à elle ne va pas tarder à partir en tournée avec Beyoncée, si Rihana est d'accord. Je suis comme qui dirait libérée de bien des contingences familiales. Et pourtant...

Et pourtant j'ai l'impression de ne rien avoir le temps de faire. D'être... lente. Une petite voix me dit que les années qui passent n'y sont pas forcément étrangères, mais je n'y crois qu'à moitié. A la petite voix.

Cette très longue entrée en matière pour dire que j'ai décidé de voir si j'y arrivais toujours. A écrire (un peu). Parce qu'on a un peu plus de place que sur IG non ? Et puis le truc décisif ça a été ça : ce soir, je vais regarder un de mes films préférés à la télé. Le péril jeune. Que je n'ai pas vu depuis une éternité !

Ce qui est bien quand on voit un film 100 fois (ça fait la même chose avec les livres qu'on lit 100 fois) c'est qu'on se souvient des autres fois où on l'a vu. Je me souviens très bien que la première fois que je l'ai vu, c'est Moumouche qui me l'avait enregistré parce qu'il était passé sur Arte. Et puis au cinéma. Où évidemment je bavais devant Duris. Et puis en devenant prof où les scènes du lycée me faisaient encore plus pleurer de rire.

Mais la seule chose qui ne change pas, qui fait que JAMAIS je ne me lasserai de regarder ce film, c'est Vincent Elbaz. Chabert. Tout ce qu'il fait est absolument parfait : la scène où il révise et se met à jouer au tennis seul dans sa chambre, quand il arrive avec son ballon de hand pour aller au squat, quand il dit "hot saucisse" à Tomasi au fond de la classe... Et le moment que j'attends avec impatience : quand le prof de géo lui demande ce qu'il vient de dire et qu'il répond, après un silence interminable : "14% Monsieur". Je crois qu'en matière de timing on a rarement fait mieux.

Et vous, c'est quoi votre moment préféré ? (j'adore faire comme si il y avait encore des lecteurs...)