Moi qui suis d'un naturel plutôt gai et sautillant, qui suis sincèrement persuadée d'avoir le cul bordé de nouilles (franchement, vivre en France, avoir un professore et des gnauds comme les miens, c'est plus de la chance, c'est une bénédiction) je redoute les jours où j'ai le cafard.

Comme aujourd'hui. Un jour "pffff". Un jour "pouwi" comme disait Raph quand il était petit. Pire que ça, je crois bien que je suis triste.

Parce que, depuis deux jours, j'ai la certitude de ne servir à rien... Si ce n'est à libérer quelques parents de leurs ados pendant la journée. Ah, je ne peux pas m'empêcher d'être positive vous voyez ? Depuis hier, j'ai un peu cumulé : conseils de dis. super nazes (beurk), rendu des copies de brevet blancs super nazes (burps), remarques des collègues super nazes (rot à l'oeuf pourri), interventions de parents d'élèves nauséabondes (spasme abdominal), convocations à moults réunions inutiles sur mes précieuses heures de cours (diarrhée), perspective de mutation renvoyée à 2048 (vomi).

En 15 ans de maison, je commence à avoir une vue assez panoramique du boulot. Je suis passée par des situations bien plus difficiles et j'ai bien conscience de ne pas être au fond de la mine... En fait, j'ai vu ce boulot changer. Et des acteurs de plus en plus nombreux se mêler de notre travail, nous sommer de faire plus, mieux, de montrer plus de bienveillance, de patience, d'empathie, sans oublier d'être fermes et exigeants parce que quand même... Hier, devant toutes ces personnes bien pensantes qui m'expliquaient ce que je devais faire, à savoir continuer d'accueillir et d'accompagner quelqu'un qui a commis un délit, j'ai fait quelque chose que je ne fais que rarement. J'ai ouvert ma gueule. J'ai expliqué ce qu'était mon travail. A quoi ressemble mon quotidien. J'ai essayé de le faire le plus fidèlement, le plus sincèrement possible.

Si j'ai l'impression d'avoir été entendue, deux ou trois choses me restent en travers de la gorge, et le moral n'est pas meilleur pour autant. Alors j'ouvre une grande concertation aux 15 personnes qui lisent ce blog : contre le moral dans les chaussettes, on fait quoi ?
 Pour l'heure, je file me mater 12 épisodes de Kaboul Kitchen, je suis absolument certaine que Gilbert Melki me sera très utile. A une époque j'aurais illico passé la VHS de Fame, mais je ne l'ai pas sous la main. Et puis je serais bien capable de chialer comme un veau. Un bon mélo ce serait pas mal, genre tendres passions, Debrah Winger cancéreuse avec Shirley Mc Lane en mère indigne on n'a rien trouvé de mieux. Je ne sais pas où j'ai foutu mon casque et c'est con parce que j'ai très envie d'écouter de la musique très très très fort. Je ne sais pas quoi mais fort.

Et vous, vous faites quoi quand vous avez les glandes ?