J'adore ce mot, interlope ! C'est à la fois vieillot, rigolo, on sent que ça a pu être sulfureux, ça sent un peu le rapport de police des brigades du tigre... Bref, j'aime bien interlope. Et bien tout à l'heure, j'ai assisté à une scène interlope. Là vous vous demandez : mais quoi ? Elle a aidé des voleurs ? Elle distille de l'alcool dans son jardin ? Elle raffine de la coke à la cave ?

Nan ! Je suis allée chercher mes fromages de chèvre à l'amap. J'en rigole encore : j'arrive un peu en retard sur mon vélo, parce que je ne connaissais pas l'endroit. Là, franchement, j'ai dû faire de gros efforts pour ne pas rire bêtement. Sous une petite bruine, un attroupement sur le trottoir. Je m'approche et me mèle au groupe : je suis sûre qu'en 1943, on n'attendait pas le kg de rutabaga avec plus d'impatience !

Certes les chèvres sont délicieux. Certes j'aime les circuits courts, et l'idée de me passer de supermarché m'enchante. Mais franchement, ça commence à m'agacer ce côté : "faut qu'on les mérite ces petits fromages de chèvre"... Ou alors c'est la contamination de mon collègue anti-bobo. Je vais lui demander ce qu'il pense des fromages de chèvre demain matin, histoire de mettre de l'ambiance en salle des profs ! Ah ah ah !