Quand j'ai fait mon coming out, il y a quelques années "oui, je suis accro aux aiguilles, je suis heureuse quand je couds, palper du tissu me transporte de joie", on m'a demandé "mais tu portes vraiment ce que tu fais ?". Variante "tu vas faire porter ça à tes enfants?". Et puis petit à petit (pour ma plus grande fierté) les questions ont cessé, ont laissé la place à des compliments sincères et enthousiastes (si si c'est vrai).

Une des choses que je préfère en couture, c'est que j'ai une grande marge de progrès, et que je trouve toujours ça gratifiant les progrès. Regardez, la pose de mon premier passepoil m'a collé la banane pendant toute la journée. Presque autant que le jour où je suis arrivée à poser ma première paire de manches sans faux plis. Mais la couture, c'est comme le reste, il faut savoir s'arrêter. En clair, je me trouve confrontée à mes propres limites.

Je résume. Je rêve depuis des mois d'une robe chemisier. Cacharel, les années 70, les sabots, la totale. Avec du passepoil en plus. Je consulte mon staff technique, qui m'assure de son soutien en cas de problème. Forte des encouragements, je me lance, je passepoile, je couds des milliards de boutons. Et montre le résultat au professore. Comment dire... Cet éclat de rire contenu, histoire de ne pas me vexer totalement et de rester en vie... Le verdict est tembé "On dirait Marie Pierre Casey". J'en aurais pleuré. Bon, pour me consoler, il a bien voulu jouer un peu. Je suis comme ça, quand je foire un truc, je me dis que ça pourra servir de déguisement...

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Bon, allez, haut les coeurs, je file chercher une ceinture, de jolies chaussures...