Mais naaaaaaan, pas la peine de m'imaginer avec des cuissades et de grandes lanières de cuir. C'est pô drôle. Aujourd'hui agacement et consternation. Dépît. Abattement. Folles envies de mornifles sur les joues dodues et duveteuses de mes élèves. De tirer les oreilles de Dimitar. De coller une claque derrière la tête de Mélodaï. De faire un croche patte à Ben', qui n'ont pourtant rien fait de pire que les autres jours.

C'est le friday's mood. Dans le monde de l'entreprise, y'a le friday wear. Vous savez, dans les boulots normaux où les gens travaillent avec des adultes. Pas ce truc de dingue où je suis debout (en "frontal") devant 28 enfants à vouloir leur faire faire le même truc en même temps, à répondre à des questions, mais des questions...
- "c'est kikiainventé le premier mot ?"
- "quand y savaient pas écrire, y pouvaient parler ?"
- "c'est kikiadonné les noms aux pays ?"
- "pourquoi en Egypte y'a du papier russe ?"

Du vice j'vous dis. Mais ça, c'est quand les questions portent sur ce que je raconte. Y'a aussi - cet après midi, je vous JURE- "j'peux aller faire caca ?" (en cinquième) j'ai eu envie de répondre "Nan", mais je lui ai donné ma bénédiction... Et puis après en salle des profs, y'a le double effet kiss cool, celui qui commence par le célèbre mantra : "tu sais pas c'kizonfé ?????", et où tu réponds "Naaaaaaan !!!". Voilà, c'est ça le friday's mood.

Si j'avais un appareil photo (rassurez vous, le 25 décembre, j'aurai un appareil photo, l'ancien n'étant pas réparable) : je déraperais sévère dans le cossu. Gros plan sur mon mug pig rempli de thé vert, et sur mon assiette en barbottine garnie d'une belle tranche de pain d'épices (avec en arrière plan l'everest de copies du we...)