30 avril 2008
La revanche de la tunique de la mort
Il y a un truc qui m'agace vraiment beaucoup beaucoup, et je suis certaine de ne pas être tout à fait la seule... Attendez, je vous raconte. L'an dernier, comme ça, par un hasard tout ce qu'il y a de plus fortuit, je passe au comptoir des cotonniers. Oh, vraiment, le truc qui ne m'arrive jaaaamais. Et je vois la tunique de la mort. Je dirais même de la muerte. La tunique ultime : imprimé parfait, coupe parfaite. Mais bon, auvergnate je suis, auvergnate je reste, et comme d'hab dans cette boutique, je fais ma fière, je trouve que c'est trop cher pour une petite cotonnade de rien, et me dis que j'aurai ma revanche pendant les soldes. Erreur fatale, je n'ai JA-MAIS retrouvé la dite tunique, et ce n'est pas faute d'avoir envoyé des émissaires dans toutes les succursales de France, de l'avoir traquée sur e-bay (tiens au passage, il y en a une que j'ai loupé la semaine dernière, mais passons).
Et puis je me suis dit qu'en cherchant un peu, je trouverais bien un modèle, japonisant ou pas qui ferait office de consolation. Alors, je me suis lancée sur la 13, et je vais avouer quelque chose que je n'oserais jamais dire haut et fort sur japan couture addict : pas si mythique que ça. Je la trouve trop décolletée, et je n'aime pas l'encolure carrée en plusieurs morceaux.
Enfin ces dernières semaines, en regardant un peu à droite à gauche, j'ai eu LA révélation. Ma tunique de la mort n'était ni plus ni moins qu'une solveig. Si c'est pas incroyable... Alors zou que je chevauche ma bicyclette pour aller chez madame Canelle. Tiens, une info pour les bordelaises : elle attend du liberty (environ une vingtaine). Et que je me suis lancée. C'est un régal à coudre, je me suis amusée comme une petite folle.

Petite modification au passage, j'ai fait des manches une taille en dessous pour ne pas que ça face "gigot". Passé Pâques, je crains un peu, surtout en dessous d'un mètre soixante. J'ai fait la doublure de l'encolure en lin, pour que ça ait un peu plus de tenue. Et pis c'est tout !

Ah, si, juste un petit truc, j'ai mis trois précieux boutons en nacre grise (merci Karine pour le coupon !)
27 avril 2008
Look at that !

J'adore ça ! On the top of la liste des trucs à planter la cour de notre futur hôtel particulier !
Ah, et puis ça aussi, pour moi, le crumble fraise/rhubarbe, c'est vraiment le printemps.

Il y a aussi :
- l'odeur de la première gorgée tonte du jardin (un peu fastoche celle là)
- quand on regrette d'avoir mis des collants sous sa jupe
- quand on se balade les premières fois les guiboles à l'air
- quand on s'aperçoit que les dites guiboles ont vraiment l'air très blanches à l'air libre
- quand on commence à se dire que les chaussettes en laine, on va les remiser par devers soi
- quand on se met en terrasse parce qu'il fait bon, et plus seulement pour le principe
C''est quoi vos "signes inéluctables que le printemps est là, et que fatalement, à un moment, on va avoir chaud" ?
24 avril 2008
ohmygod
Je suis dans un état mes petits amis, mais dans un état... A votre avis, pourquoi ce loooong silence ? Retraite sur le Larzac ? Stage intensif de couture ? Re-Séville ? Mission punitive dans les bureaux de service du droit des sols ??? Hein ?
Que non que non, rien de tout cela. J'étais en mission philanthropique. J'ai oeuvré pour l'amitié franco américaine, pour le rapprochement de nos deux peuples : je viens de recevoir une délégation américaine dans ma modeste demeure pendant quelques jours, et croyez moi, c'est pas de la tarte. La délégation américaine en goguette a une force d'inertie insoupçonnée. Pour elle, TOUT fait l'objet d'admiration : la station de tram, le tram, les sièges du tram, au même titre que la so huuuuuuge cathédrale St André, que les sooooo cuuuuute vitrines de magasin, que le soooo antiiiiique gwand theatre, ou encore les fraises au marché qui smelltent soooooo gooood.
J'suis sur les rotules, mais contente. Parce que j'ai été gâtée. J'ai de quoi faire des cookies jusqu'en 2067. Love you sooooooo much guys !

18 avril 2008
Blablablabla
Petit post bavard du vendredi soir, tout le monde est au lit, il professore se prépare à son tête à tête avec Georges Pernoud (tiens, j'entends le générique), et moi, je viens papoter deux minutes avec vous. Ma bonne humeur résiste à la tempête, à la réclusion forcée dans la maison, je crois que le rendement de la machine à coudre ne doit pas être étranger à ce petit miracle ! Et puis aujourd'hui, il y avait plein de sketchs de Desproges à la radio, c'était bien. Ça m'a fait drôle d'entendre le tribunal des flagrants délires, je dois avouer que je ne les avais jamais ré-entendus. Ça m'a ramenée des années en arrière dans la cuisine de mes parents (attention Moumouche, parenthèse super nostalgique) je me souviens même de la grosse radio qui étai posée sur le radiateur. Moi, je ne comprenais pas tout, et je dois bien dire que ça m'agaçait un peu. J'aimais bien quand tout le monde disait "et mon courroux...coucou" mais après, je pigeais juste une chose : qu'il ne fallait pas trop faire de bruit, et de temps en temps, ma mère se marrait toute seule, enfin bref, j'étais un peu jalouse. Celui que j'aimais bien, c'était Luis Rego, mais quand c'était son tour, on me demandait ce que j'avais fait le matin à l'école, et ça m'énervait. ça vous arrive à vous aussi de temps en temps, des grosses bouffées d'enfance qui reviennent comme ça... moi ça m'a fait tout drôle.
Je voulais vous parler de livres ce soir, enfin d'un petit livre en particulier, je garde le gros morceau pour plus tard. J'aime, j'aime beaucoup beaucoup prendre le train seule. Le plaisir de préparer mon sac est toujours intact : rentrer quelques nouveaux morceau dans mon walk man mptrois, est-ce que je prends une petite bouteille d'eau ou pas, et les chewing gum, un petit bout de tricot en n°3, recharger le téléphone -et l'éteindre dans le wagon-, mais je ne vais pas apporter cet hénaurme pavé de 600 pages, il faut que je m'arrête à la maison de la presse. Je crois que c'est le meilleur moment : ça y est, je suis à la gare, suffisamment à l'heure pour choisir ce que je vais lire en train. Obligé un journal. Mais le Elle ne résiste pas à trois heures de train. Alors je me dirige vers le rayon des poches. Là c'est très très dur. Je me suis déjà acheté de grosses daubes. Ou un nième exemplaire d'un bon Maupassant. Mais à l'occasion de mon dernier voyage en train, il s'est produit un petit miracle. Je tombe sur la couverture d'un Laurie Colwin qui ne me dit rien, mais que je n'ai pas lu. Un peu pressée par le temps, je le prends quand même.
Je monte dans le train, plie mon imper bien comme il faut, constate avec joie que j'ai une place à côté de la fenêtre dans le sens de la marche. J'étale mon petit bazar, ouvre mon bouquin... et le ferme à Montparnasse, avec l'intention de me trouver illico un café pour m'avachir sur une banquette et savoir comment ça finit. Alors ça, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais c'est très très très en haut des gros plaisirs de l'existence : trouver un livre complètement par hasard et ne pas avoir envie de le lâcher.
Ah, oui, je vous vois déjà piaffer : le titre, mais le tiiiiiitre bordel. Enfin non, il n'y a que moi pour être aussi vulgaire, je suis sûre que vous demanderiez poliment "au fait c'est quoi ton bouquin?". C'est "Comment se dire Adieu". J'ai toujours un peu l'impression de lire le même livre avec Laurie Colwin, mais contrairement à Douglass Kennedy, ça ne m'agace pas le moins du monde. En fait non, j'exagère un peu, disons qu'il fait souvent le même portrait de femme : elles sont toujours un peu en marge de leur milieu, sont toujours dans la difficulté de franchir un étape, de s'engager. Mais sans mièvrerie, ni introspection. Au contraire, elles ont toujours pas mal d'humour. Elle arrive à trouver un équilibre assez intéressant entre le détachement et le dérapage, enfin j'aime beaucoup. Et puis, sans vous raconter l'histoire, juste un petit truc, l'histoire commence quand l'héroïne part en tournée avec un groupe de soul music...
A, juste un truc, quand vous l'aurez lu, vous me direz : à votre avis, qu'est-ce qu'elle fait à la fin ?

15 avril 2008
Tribute
Bon... c'est pas encore les grandes chaleurs, mais on a quand même enlevé la chapka ce matin. Sur les autres fronts, pas de nouvelle apocalyptique à l'horizon, c'est toujours ça. Hier soir, j'ai même été submergée par une vague de... de ... de quoi au juste ? "Bien", une vague de "bien", j'étais là, sur la terrasse, à bidouiller un petit truc, regarder vaguement mon nouveau super livre de cuisine, à écouter le récit de la journée des uns et des autres... Attendez, je vous montre :

Voilà, j'étais "bien" comme ça. A part ça, cette semaine, on fête les trois ans d' "A l'ouest"... Vingt dieux comme on dit à V'soul (j'y vais la semaine prochaine, alors je me mets en condition!). Bon, je vous passe le couplet "c'est diiiingue tout ce que ça m'a apporté", vous savez ce que c'est, dès que je suis émue, je suis ridicule. Mais bon, si on m'avait dit, il y a trois ans, alors que je me morfondais au fin fond de la campagne géorgienne que je prendrais autant de plaisir à vous raconter des histoires, que je rencontrerais autant de chic filles (attention, pour moi c'est un gros compliment) grâce à ça... Parce que c'est bien de ça qu'il s'agit : un affaire de chic filles, non ?
13 avril 2008
tambouille du dimanche
Alors ça y est, j'ai le droit de manger des fraises sans qu'on m'accuse d'être responsable du réchauffement climatique, de la guerre en Irak ou de la politique de rigueur budgétaire du gouvernement ? Parce que ce matin, au marché, je ne savais plus où donner de la tête : guarriguette par ci, pleine terre par là, résultat, j'ai acheté un kilo de différentes sortes. Tout ça à cause de Faustine qui m'a fait super envie avec son dessert de la mort. Enfin j'avais bien ma petite idée derrière la tête : je voulais remplacer les macarons par des meringues. Parce que, à ma grande honte, je n'avais jamais fait de meringue. Et puis c'était l'occasion de ressortir ma poche à douille qui commençait à rouiller.

Je sais que ce n'est pas franchement réglementaire comme forme, mais j'avais envie de petites meringues dodues. Pour le reste, j'ai tout fait comme Faustine l'explique et, effectivement, c'est absolument délicieux (et puis très joli aussi)

Et puis comme on me l'a demandé au café tricot, voilà la recette du cake aux pommes, cannelle et noix, d'après l'excellent "cake maison" de chez marabout :
180 g de farine
3 oeufs
125 g de sucre
150 de beurre
une poignée de noix
200 g de pommes rapées
1/2 sachet de levure chimique
1/2 c à c de bicarbonate de soude
1 poignée de raisins blonds
Ah, excusez moi, une urgence familiale à gérer et je reviens donner le reste de la recette. Mais je suis sûre que vous avez une petite idée de ce que vous pouvez faire avec tout ça.
10 avril 2008
armer le tobogan

C'est étrange, cette incapacité à raconter les bons moments... Depuis quelques temps, je suis assez fière : je suis une râleuse de haute volée. Je jure avec talent, raille avec panache, fulmine comme personne, mais dès qu'il s'agit de raconter quelque chose d'agréable, rien, nada, le désert. Vous avez compris mes petits biquets, pour les détails, vous pouvez vous brosser, je ne raconterai rien d'autre que ce qui va suivre : je viens de passer quatre longues journées avec mon marito querrido dans un endroit somptueux, sans l'ombre d'un nino (ni même d'un remord), à me promener, à boulotter des tapas, et à me livrer à mon activité favorite en vacances : mater les autochtones assise à la terrasse des cafés, planquée derrière mon verre d'orchata. Punto. (Ah oui, et puis j'ai lu deux livres top top, mais je vous en parlerai une prochaine fois)
Par contre, chose étrange, le retour a été un peu douloureux. Je dis ça sans ironie aucune. C'est toujours avec un plaisir infini que je pose ma valise et rechausse mes charentaises. Mais là, la perspective de me retrouver face à ma boîte aux lettres vide et tout le reste, humpf, muito difficile. Et ben vous le croirez ou non, mais il s'est produit deux petits miracles.
Le premier, je m'en doutais un peu. La veille du départ, il y avait un avis de passage du facteur, me disant qu'un colis (trop gros pour rentrer dans ma boîte aux lettres) m'attendait à la poste. Oh la la que c'est bien venu ce genre de colis quand on rentre de vacances le coeur gros et les pieds froids...

Allez voir là, les chaussettes sont aussi belles que sur la photo ! Oh, et puis les badges, aaah la ksh, oooouh le chocolat... Encore mille merci Sandra, pour cette opération "un châle contre des chaussettes" (oui, à l'heure où je vous parle, j'ai peut-être des birkenstocks aux pieds, mais avec des chaussettes faites main, ça prend tout son sens), tu n'imagines même pas à quel point tu m'as fait plaisir.
Bon, et puis après, comme il faisait beau, j'ai sauté dans mon carrosse, pris Madame ma voisine sous le bras, pour aller sonner chez Arlette, qui n'a pas volé son titre de reine des tartelettes. Merci, encore merci pour cette belle après midi. Ah, mais j'oubliais un dernier petit miracle... Hier c'était mercredi. Et qu'est-ce qu'il y a le mercredi soir ? Hein, hein ? Ah bah voui, la nouvelle star. La seule émission au moooonde qui te permet de réduire à néant ton hénaurme panier de repassage sans même t'en apercevoir. Déjà, rien que pour ça ils méritent un médaille. Mais de savoir que tous les mercredis je vais retrouver mon Philippounet avec ses lunettes, son t shirt "never mind the bollocks" (Iron Maiden, AC/DC, Metallica...) ça me rend toute guillerette. Pas vous ?
03 avril 2008
Olé

Avec le retour du soleil, Catherine est partie à Séville se promener avec ses amis, sauras-tu la retrouver ?
Mes petits amis, mille mercis pour vos petits mots d'encouragement, de soutien, de compassion, de tout... Je n'ai pas pris le temps de répondre à tout le monde, mais je le ferai dès mon retour.
Je pars demain.
A Séville.
Sans les enfants.
Olé !
02 avril 2008
Putain de bordel de merde
Oui mes amis, le titre ne fait aucun doute, c'est bien d'un post rageur qu'il s'agit. Je veux bien faire des efforts, des repas équilibrés, des vêtements faits mains, des sourires polis et arrêter de jurer comme un charretier, mais dans certaines circonstances exceptionnelles, je craque. Je ne suis que colère et agacement, et les motifs de cette très mauvaise humeur sont innombrables. Allez, une petite liste, je suis sûre que je me sentirai mieux après.
One : la météorologie m'agace.
Non mais vous avez perdu le sens commun ? Vous avez vraiment cru que ça m'amusait de rester enfermée tous les mercredis après midi ? C'était pour de rire ! J'vous'ldis come j'le pense : une goutte de plus et je repars au Havre.
Two : le service de la gestions du droit des sols m'horripile
Je la fais courte : la maison qu'on est en train d'acheter est un ancien cabinet médical. Pour cette raison, nous avons déposé une demande de changement d'affectation. Et que cette demande de changement d'affectation DOIT s'accompagner d'une création de place de stationnement (ce que nous n'avons pas trouvé) ou du paiement d'une taxe. D'un montant absolument exorbitant.
Three : la DPE1 du rectorat joue avec mes nerfs
(pour que vous compreniez mieux, je vous le fais en sketch, en italique, c'est moi qui parle)
"Allooooo bonjour, je vous appelle car je viens d'être mutée dans votre académie et je vois qu'il y a quatre postes vacants pour enseigner en section européenne, j'aimerais avoir plus de détails pour ces postes"
"Vouiiiii, aloooooors il faut que vous contactiez les établissements, ce sont eux qui vous fournirons les informations"
"Merci beaucoup"
Je contacte deux établissements, et me prends deux beaux râteaux : il n'y a aucun poste disponible. Je rappelle le rectorat.
"Alloooooo, bonjour, je vous ai téléphoné tout à l'heure à propos des sections européennes, mais les établissements concernés me disent qu'il n'y a aucun poste vacant, je ne comprends pas."
"Mais non mais non, ils sont mal renseignés, les postes sont vacants.
Ragaillardie par l'aplomb de la donzelle, j'appelle le troisième lycée. Re-râteaux. Re-coup de fil au rectorat.
"Madame on est absolument désolés, mais effectivement, aucun des postes n'est vacant"
Boule au ventre, menton qui tremble, perspective de 10 ans de zep qui me pend au nez.
Four : la MGEN me les brise menues.
Quand on emprunte des sous pour acheter une maison, il faut assurer le prêt. Répondre à un questionnaire de santé. Et quand tu coches oui dans les cases "avez vous été hospitalisés pour des motifs autres que les amygdales, végétations, appendicites ou dents de sagesse", et que, en plus, tu rajoutes que c'était pour un cancer, mon pote, on commence à te chercher des noises. Alors tu sors ton joker
"eh les gars eh, eh, c'était pour rire, regardez, c'était y'a longtemps, j'ai un certificat de guérison"
"ah mais il a plus de 10 ans, il en faut un neuf, contactez le service qui vous a suivi pour avoir un document plus récent"
Bon, c'est vrai ça, c'est ex-ac-te-ment ce qu'il me fallait un bonne déconnade au téléphone avec un cancérologue.
Five : Les services de la petite enfance me rendent dingue
Il doit y avoir, dans le plus grand secret, des stages de com' dans certains services municipaux un peu surchargés. Celui de la petite enfance où des dizaines de mères flippées se présentent et sont prêtes à tout pour avoir une réponse claire à la question suivante:
"Et vous pensez qu'on pourra avoir une place pour septembre 2008 ?"
Là, je suis sûre qu'ils ont des coachs qui leur apprennent à faire ce regard impénétrable, cette expression quasi hypnotique accompagnée de cette phrase, souvent prononcée à voix basse "on ne peut absolument pas vous dire Madame". Vous voyez de quoi je parle ? Moi, ça me rend littéralement hystérique.
Six: l'inscription dans une nouvelle école, pas mal non plus
Dans le même genre, vous vous dépêchez de faire le nécessaire pour changer vos enfants d'école, puisqu'il y en a une à 500 m de votre prochain chez vous. Eh ben là, même chose dites donc !
"Mais Madame, on ne peut pas vous promettre qu'il y aura de la place"
"Mais Madame, c'est l'école de secteur, j'habite à 500 mètres, quand est-ce que je pourrai avoir une réponse ?"
"On ne peut absolument pas vous dire Madame"
"Mais enfin, il doit bien y avoir des commissions d'attributions, et des personnes responsables qui sont au courant"
"Oui, mais ... non, on ne peut pas vous dire"
" RaaaahAAAAAAhNaaaaan..." mais dans la tête, parce que je suis encore maître de moi, mais plus pour très longtemps
Seven : certains objets disparaissent à la maison, et ne réapparaissent pas toujours
Là, vous devez vous dire que c'est la fatigue, l'agacement, que je n'ai plus toute ma tête, et bien non ! Il y a, chez moi, un gnome malfaisant qui planque des trucs sans me dire où il les met, puisque ce gnome s'appelle Alice, et qu'il ne maîtrise que très approximativement notre langue. ET QUE CE MATIN ALORS QUE J'ETAIS A LA BOURRE, LE GNOME A VIDE UN TUBE DE DENTIFRICE SUR LA MOQUETTE !!!
Donc, si je résume :
- côté travaux et aménagement, c'est le point mort
- on va devoir payer une taxe de 15 527,80€ à la mairie
- le prêt est bloqué jusqu'à ce que la MGEN se décide
- je ne sais pas ce que je vais faire d'Alice une fois le travail repris
- en parlant de boulot, là encore "on ne peut absolument pas vous dire Madame"
- je ne sais pas si les enfants pourront aller à l'école à côté de chez eux
...
Forcément, il va arriver un jour où, dans la boîte aux lettres, il y aura une réponse à ces questions. Fatalement, un jour, dans une enveloppe, je vais trouver un devis abordable, un lettre m'annoncera où je vais travailler, quelqu'un m'aura écrit pour me dire quelque chose d'autre que "Mais Madame, on ne peut absolument pas vous répondre pour le moment." Punaise, je l'attends avec impatience ce jour là.
Bon, je pense qu'il ne reste plus que Moumouche en train de lire, alors je me lâche un peu. En temps normal, je suis grande fan de l'humour de répétition. En temps normal, le fait de penser à l'Afghanistan, aux mères qui doivent se démerder toutes seules avec un RMI et trois enfants, aux gnauds qui crèvent la dalle me soulage quasi-instantanément. Et quand vraiment ça ne va pas, l'achat d'un pelote de laine toute douce, d'un cd ou d'une jupette jolie me rend le sourire. Mais là, pas du tout du tout. J'éprouve...comment dire... une grande lassitude, mêlée à un agacement certain. Enfin, je dis ça, mais je m'aperçois qu'il fait soleil, alors je crois bien que je vais aller faire un tour.




