02 avril 2008
Putain de bordel de merde
Oui mes amis, le titre ne fait aucun doute, c'est bien d'un post rageur qu'il s'agit. Je veux bien faire des efforts, des repas équilibrés, des vêtements faits mains, des sourires polis et arrêter de jurer comme un charretier, mais dans certaines circonstances exceptionnelles, je craque. Je ne suis que colère et agacement, et les motifs de cette très mauvaise humeur sont innombrables. Allez, une petite liste, je suis sûre que je me sentirai mieux après.
One : la météorologie m'agace.
Non mais vous avez perdu le sens commun ? Vous avez vraiment cru que ça m'amusait de rester enfermée tous les mercredis après midi ? C'était pour de rire ! J'vous'ldis come j'le pense : une goutte de plus et je repars au Havre.
Two : le service de la gestions du droit des sols m'horripile
Je la fais courte : la maison qu'on est en train d'acheter est un ancien cabinet médical. Pour cette raison, nous avons déposé une demande de changement d'affectation. Et que cette demande de changement d'affectation DOIT s'accompagner d'une création de place de stationnement (ce que nous n'avons pas trouvé) ou du paiement d'une taxe. D'un montant absolument exorbitant.
Three : la DPE1 du rectorat joue avec mes nerfs
(pour que vous compreniez mieux, je vous le fais en sketch, en italique, c'est moi qui parle)
"Allooooo bonjour, je vous appelle car je viens d'être mutée dans votre académie et je vois qu'il y a quatre postes vacants pour enseigner en section européenne, j'aimerais avoir plus de détails pour ces postes"
"Vouiiiii, aloooooors il faut que vous contactiez les établissements, ce sont eux qui vous fournirons les informations"
"Merci beaucoup"
Je contacte deux établissements, et me prends deux beaux râteaux : il n'y a aucun poste disponible. Je rappelle le rectorat.
"Alloooooo, bonjour, je vous ai téléphoné tout à l'heure à propos des sections européennes, mais les établissements concernés me disent qu'il n'y a aucun poste vacant, je ne comprends pas."
"Mais non mais non, ils sont mal renseignés, les postes sont vacants.
Ragaillardie par l'aplomb de la donzelle, j'appelle le troisième lycée. Re-râteaux. Re-coup de fil au rectorat.
"Madame on est absolument désolés, mais effectivement, aucun des postes n'est vacant"
Boule au ventre, menton qui tremble, perspective de 10 ans de zep qui me pend au nez.
Four : la MGEN me les brise menues.
Quand on emprunte des sous pour acheter une maison, il faut assurer le prêt. Répondre à un questionnaire de santé. Et quand tu coches oui dans les cases "avez vous été hospitalisés pour des motifs autres que les amygdales, végétations, appendicites ou dents de sagesse", et que, en plus, tu rajoutes que c'était pour un cancer, mon pote, on commence à te chercher des noises. Alors tu sors ton joker
"eh les gars eh, eh, c'était pour rire, regardez, c'était y'a longtemps, j'ai un certificat de guérison"
"ah mais il a plus de 10 ans, il en faut un neuf, contactez le service qui vous a suivi pour avoir un document plus récent"
Bon, c'est vrai ça, c'est ex-ac-te-ment ce qu'il me fallait un bonne déconnade au téléphone avec un cancérologue.
Five : Les services de la petite enfance me rendent dingue
Il doit y avoir, dans le plus grand secret, des stages de com' dans certains services municipaux un peu surchargés. Celui de la petite enfance où des dizaines de mères flippées se présentent et sont prêtes à tout pour avoir une réponse claire à la question suivante:
"Et vous pensez qu'on pourra avoir une place pour septembre 2008 ?"
Là, je suis sûre qu'ils ont des coachs qui leur apprennent à faire ce regard impénétrable, cette expression quasi hypnotique accompagnée de cette phrase, souvent prononcée à voix basse "on ne peut absolument pas vous dire Madame". Vous voyez de quoi je parle ? Moi, ça me rend littéralement hystérique.
Six: l'inscription dans une nouvelle école, pas mal non plus
Dans le même genre, vous vous dépêchez de faire le nécessaire pour changer vos enfants d'école, puisqu'il y en a une à 500 m de votre prochain chez vous. Eh ben là, même chose dites donc !
"Mais Madame, on ne peut pas vous promettre qu'il y aura de la place"
"Mais Madame, c'est l'école de secteur, j'habite à 500 mètres, quand est-ce que je pourrai avoir une réponse ?"
"On ne peut absolument pas vous dire Madame"
"Mais enfin, il doit bien y avoir des commissions d'attributions, et des personnes responsables qui sont au courant"
"Oui, mais ... non, on ne peut pas vous dire"
" RaaaahAAAAAAhNaaaaan..." mais dans la tête, parce que je suis encore maître de moi, mais plus pour très longtemps
Seven : certains objets disparaissent à la maison, et ne réapparaissent pas toujours
Là, vous devez vous dire que c'est la fatigue, l'agacement, que je n'ai plus toute ma tête, et bien non ! Il y a, chez moi, un gnome malfaisant qui planque des trucs sans me dire où il les met, puisque ce gnome s'appelle Alice, et qu'il ne maîtrise que très approximativement notre langue. ET QUE CE MATIN ALORS QUE J'ETAIS A LA BOURRE, LE GNOME A VIDE UN TUBE DE DENTIFRICE SUR LA MOQUETTE !!!
Donc, si je résume :
- côté travaux et aménagement, c'est le point mort
- on va devoir payer une taxe de 15 527,80€ à la mairie
- le prêt est bloqué jusqu'à ce que la MGEN se décide
- je ne sais pas ce que je vais faire d'Alice une fois le travail repris
- en parlant de boulot, là encore "on ne peut absolument pas vous dire Madame"
- je ne sais pas si les enfants pourront aller à l'école à côté de chez eux
...
Forcément, il va arriver un jour où, dans la boîte aux lettres, il y aura une réponse à ces questions. Fatalement, un jour, dans une enveloppe, je vais trouver un devis abordable, un lettre m'annoncera où je vais travailler, quelqu'un m'aura écrit pour me dire quelque chose d'autre que "Mais Madame, on ne peut absolument pas vous répondre pour le moment." Punaise, je l'attends avec impatience ce jour là.
Bon, je pense qu'il ne reste plus que Moumouche en train de lire, alors je me lâche un peu. En temps normal, je suis grande fan de l'humour de répétition. En temps normal, le fait de penser à l'Afghanistan, aux mères qui doivent se démerder toutes seules avec un RMI et trois enfants, aux gnauds qui crèvent la dalle me soulage quasi-instantanément. Et quand vraiment ça ne va pas, l'achat d'un pelote de laine toute douce, d'un cd ou d'une jupette jolie me rend le sourire. Mais là, pas du tout du tout. J'éprouve...comment dire... une grande lassitude, mêlée à un agacement certain. Enfin, je dis ça, mais je m'aperçois qu'il fait soleil, alors je crois bien que je vais aller faire un tour.




