30 octobre 2007
Soooo couture

Allez, est-ce que je dis que j'en suis pas peu fière ? Je l'ai terminée samedi au café tricot avec un cours particulier sur les rangs raccourcis (c'est génial les rangs raccourcis!). La bernique devrait passer l'hiver au chaud, et, avec le régime alimentaire qu'elle est en train d'adopter (12 000 cal par jour, tout ça n'est qu'un lointain souvenir, mille mercis pour vos gentils petits mots), elle ne devrait pas rester trop au large dans sa veste !
Bon, à part ça, je vous abandonne quelques jours (je reçois de la visite, il professore part aux antipodes...) pas de folies pendant mon absence, hein?!?
26 octobre 2007
je ne boude pas...
Je profite d'un moment d'inattention de ma geôlière pour lancer un cri à la face du monde : libérez moi ! Je suis enfermée depuis 4 jours avec la bernique (en situation éveillée, on n'est jamais séparée de plus de 3,5 cm)... Allez allez, j'arrête deux secondes de raconter des bêtises, nous sortons de chez le médecin qui vient de prescrire à Alice un traitement de cheval, avec le point ce soir pour savoir si oui ou non on se fait un plan perfusion à l'hosto ce we (ça tombe bien, je ne sais absolument pas où il est cet hôpital), donc, aujourd'hui, on fait des incantations, on croise les doigts pour que choupinette chérie avale quelque chose sans que ça ressorte dans la seconde.
Bon, en attendant (des jours à veiller une bernique ça fait du temps), j'ai presque fini la veste de la demoiselle (remarquez, elle a tellement maigri qu'elle risque de flotter dedans)

J'ai hâte de voir ce que ça va donner, en tout cas, j'ai trouvé ça marrant à tricoter (sur des pieux de 20 m de long) c'était la première fois que je tricotait un raglan comme ça. Alors il me reste le col à faire, j'ai essayé de commencer les rangs raccourcis, mais c'est la première fois que j'en fais, alors je vais attendre demain après midi, je suis sûre que chez Georges, il va y avoir des bonnes âmes pour m'aider (allez, dites oui les filles!).
Ah, j'allais oublier (mais je vais faire vite, j'entends des bruits pas très catholiques dans le couloir), je me tâte pour les boutons. Alors vous, vous choisiriez

celui en nacre (tapez 1), celui en bois (tapez 2), le nacre rectangulaire (...ok), le vintage en corne (qui vient de cette mythique veste en daim qu'on avait trouvée aux puces Agnès, mais sais tu ce qu'elle est devenue ???), aucun, c'est trop laid, vas faire un tour à la droguerie Catherine, tu l'as bien mérité !
Alors, vous en pensez quoi ?
Bilan de la journée d'hier : une demi-banane et un quart de yaourt au soja qui sont restés à leur place, you-pi ! Il ne reste plus qu'à déconnecter la miss du mode bernique et ça les petits amis, c'est pas gagné ! Mille mercis pour vos petits mots, à très vite.
23 octobre 2007
Rions un peu, voulez vous ?
Aujourd'hui, l'amie, tu es vomi malodorant, tu enlaces la cuvette des chiottes, tu es nausée perpétuelle, primpéran, motilium et riz carotte. Tu l'auras compris, aujourd'hui, tu as...la gastro. (promis, après j'arrête avec les intro à la Mangin Palace, mais là, vue l'ambiance de la maisonnée, j'ai besoin de me chahuter méchamment les zygomatiques).
A toi qui n'en peux plus de soigner et de bichonner et de changer vingt fois par jour ces enfants malades qui sont bien les tiens (oui, ta progéniture peut sentir aussi mauvais que ça, ça relève de la blessure narcissique à ce niveau), j'ai une solution : le fut' réversible. J'en ai fait toute une série pour Alice (sur un modèle tiré de "j'habille mon bébé" de Sylvie Loussier), mais le dernier en date est terrible :

Petite gabardine "taupe beigeasse" comme j'aime, doublé en liberty babycord avec un jouli croquet en lin. Et c'est là que ça devient intéressant... Tu es en société (en train de faire la queue à la poste, à la préfecture, à la sortie de l'école...), ta fille fait un gerbouilli immmmonde (ou alors un caca liquide qui glisse sur les côtés malgré les petits élastiques) et comme tu es mal organisée, tu n'as rien pour la changer. Hop hop, on l'enlève, on le retourne, on le renfile, et c'est comme neuf. En plus, il est pile poil assorti à la tunique que tu avais mise en haut :

elle est pas belle la vie ? Et puis avec un motif comme ça, si on revomit dessus, on ne voit rien... formidouble ! (Sof' je t'endends d'ici persiffler que le l'imprimé est gerbant, je te déteste, tais toi!)
Et puis attends, comme je pense vraiment à tout, j'ai même fait un béguin réversible :

pile: un petit lainage rose mimi comme tout (merci Clem)

face : un velours milleraies prune top tendance, c'est pas parce qu'on est malade comme des bêtes qu'on n'a pas sa dignité. (On évite quand même de vomir directement dans le béguin).
Qu'on se le dise : grâce à la réversibilité textile, la gastro-entérite en ruinera pas le moral de toute la famille...
Je suis déçue, mais déçue... Bide intersidéral, Opio, tu es en dessous de la réalité... Bande de hyènes perfides, je vous hais, tout ça pour une toute petite erreur technique due à ma grande faiblesse, c'est bas, c'est mesquin les filles ! Le réversible, c'est pour le vomi, et pour le caca, vous avez raison, je vais envisager une version en toile cirée, mais là, les cocottes, vous pouvez toujours courir pour que je vous le montre, et toc. Et puis ces considérations mesquines sur l'odeur. Non mais je rêve... Vous voulez me faire croire que toutes ces fleurettes sur le liberty c'est pour des quetsches ??? Enfin, je note tout de même des présences réconfortantes au milieu de cette meute mal intentionnée, qui s'inquiètent de savoir si mes fringues sont réversibles (non) qui me souhaitent du courage, et qui trouvent beau le béguin (ou le béguin beau, je ne sais pas) C'est décidé, je me drape dans ma dignité, et je vais bouder pendant au moins deux jours. Mais, peut être que je vais aller vomir avant.
20 octobre 2007
Ce qui est cool...
... depuis que je ne travaille plus, c'est que j'arrête d'emmerder mon monde avec mon mantra de 18 heures 42 "qu'est-ce qu'on bouffe ce soir???".

du risotto au potimarron, c'est très très bon !
Et puis, au goûter pour grignoter compulsivement pendant le match, j'avais préparé ça :

des escargots aux raisins et aux noix (un peu des rolls qu'on trouvait au big city bread, moumouche)
Et puis derrière, c'est de la confiture coings-poires qu'a pas l'air mal, mais je crois que je vais la recuire. Enfin, pour tout vous dire, je crois que je vais mettre un frein à cette frénésie cuisinière, parce que hier midi, quand à la question maintenant rituelle "qu'est-ce que t'as fait en dessert", j'ai répondu "rien, y'a des très très bon yaourts", il y eu, comment dire, une rébellion autour de la table. On va pas trop les habituer, et vite se remettre aux bâtons de poisson panés ! Non mais !
(pour les recettes du risotto et de la confiture, c'est dans le Elle à table de ce mois, et les petits escargots, c'est dans le livre "les bons petits plats de Rose Bakery")
18 octobre 2007
Vite vite !
Eh, vous n'avez pas un peu froid le matin en accompagnant les enfants à l'école (sortant vos poubelles, promenant le chien, fumant votre clope par la fenêtre...). Je crois qu'il va falloir trouver une solution à un problème qui turlupine ma mère depuis quelques temps : "comment avoir chaud en demi-saison, alors qu'on nous vend des vêtements d'été toute l'année".
Mais avant de me pencher sur ce problème qui risque de m'occuper un moment, vite vite (d'où le titre), je me suis fait une dernière petite tunique avant qu'il ne fasse vraiment trop froid. The mythique n°13, celle à l'encolure carrée qui me consolerait presque de celle que j'ai traquée dans tous les comptoirs des cotonniers du moooooonde l'an passé.

Comme d'hab' la photo est foireuse, on a l'impression que l'encolure baille alors que pas du tout. Je vais la rebaptiser la tunique "semaine de l'allaitement maternel", ce sera ma participation à ce sujet, dont je ne comprends toujours pas les passions délirantes qu'il soulève. J'ai allaité mes trois enfants, plus ou moins longtemps (deux mois pour Raphaël, jusqu'à 6 mois pour Alice), avec plus ou moins de réussite (pas super à l'aise et très coincée pour Camille, limite indécente pour Alice), mais ça s'arrête là. Je ne me suis pas posé de question, et je dois avouer (c'est dur) que c'est surtout le côté pratique qui me plaisait (ah, pas de bib' à se trainer). Par contre, je reste rêveuse en pensant, qu'un jour, il y a longtemps, j'avais des seins. Alors, j'ai trouvé la parade. A toi, l'amie, qui a sacrifié ton 90C à la bonne santé de tes enfants, j'ai la solution. Non, pas de truc vulgaire type wonderbra. Plus subtil : la tunique à fronces sur la poitrine, qui fait un peu oublier qu'en dessous, c'est limite la misère. Elle est pas belle la vie ?
Et puisque vous le demandez, un gros plan sur le tissu, parce que, franchement, cette popeline, c'est un régal :

16 octobre 2007
Vengeance
Après des heures d'hébétude face à mon tricot qui gondole, j'ai eu une illumination. Paf, frappée par l'Esprit saint que j'étais. Imaginez le rai de lumière tombant sur une Catherine extatique nimbée de lumière divine, le choeur des angelots, les trilles de séraphins et tout et tout... Je me suis mise à tricoter une veste pour Alice avec ça :

de la pôle de Fonty couleur marron glacé. C'est de la laine mélangée à de l'alpaga, c'est énôrme, ça monte vite, et un bonheur ne venant jamais seul, c'est pas (trop) cher (en promo chez aquarêve à 3,5o la pelote). Le rapport avec la gondolite du pull rayé ? Aucun. Je dirais qu'il s'agit...comment dire...de ma thérapie toute personnelle du réconfort par le tricot. Non, en fait, c'est un chouilla plus compliqué.
Face à toutes vos propositions, j'ai dû me rendre à l'évidence :
1- je vais tout détricoter. J'ai décidé de rester sourde aux idées type "repasse et le ciel t'aidera" (je suis limite mystique ce soir).
2- je vais faire 2 échantillons, un en 3,5, un en 4, bloquer le tout et voir ce que ça donne
3- en fonction du résultat, faire soit le raglan d'origine en 3,5 version pull, soit un gilet raglan, mais, commencé par l'encolure, histoire de ne pas me prendre le chou avec les diminutions : j'augmente jusqu'à ce que ce soit bon. Capito ?
Parce qu'en fait, il y a quelques semaines, j'ai fait un petit cardigan pour Alice mimi tout plein, sur ce principe :

Je suis sûre que certaines d'entre vous ont déjà fait ce modèle petit faune. Je l'ai tricoté en baby super wash couleur (je vous le donne en mille) taupe bouton d'or. Bref, tout ça pour dire qu'il était hors de question que je n'ai pas quelque satisfaction tricotesque immédiate avant de me lancer sur ma série d'échantillons à bloquer.(Ah, j'allais oublier! Je suis effectivement allée chez Can'elle qui a authentifié mes "vieilles laines" comme de la superwash bouton d'or, qui ne sera plus suivie...). Bien évidemment, j'irai enfin faire un tour au fameux café tricot chez Georges samedi après midi, histoire de glaner quelques pistes inexplorées. En tous les cas, mille mercis à vous toutes pour vos conseils sages, moins sages, audacieux...
12 octobre 2007
De l'intérêt de garder les étiquettes des pelotes qu'on n'utilise pas
Bon, autant le dire tout net, je suis grave dans la mouise. Tout ça à cause de ce côté sentimental qui me fait acheter des pelotes de laines à cause du nom du coloris. Il y a un petit moment, je m'étais mis en tête de tricoter une couverture pour Alice, et j'avais acheté des pelotes de superwash bouton d'or (coloris coriandre et cardamome, je m'étais faite avoir comme une bleusaille). Je n'ai jamais tricoté la couverture, qui en est restée au satde de 4 ou 5 carrés en point mousse, et Alice s'est promenée tout l'hiver avec un truc en polaire sale et vilain. Les pelotes attendaient que leur heure sonne, et, la tentation farouche de la rayure aidant, elles allaient enfin connaître leur heure de gloire : on allait voir ce qu'on allait voir, j'allais tricoter un pull raglan pour Raphaël. Il ne manquait plus qu'une ou deux couleurs pour égayer le tout. Je trouvais dans mon stock un vert anis du meilleur effet, et faisais l'acquisition de 2 pelotes chocolat au comptoir (j'arrête immédiatement les figures de style, la concordance des temps, c'est trop dur pour mon neurone)

Voilà, tout le monde est bien dans le cadre. C'est là que les problèmes commencent. Parce que j'ai nettement l'impression que mes deux vieilles pelotes (celles de la couverture d'Alice) ne sont pas de la baby superwash, mettons de la grown up superwah, et qu'elle ne se tricote pas de la même façon. Pour être claire, la baby superwash se tricote en 3,5, alors que l'autre, je la verrais mieux en 4. Je vous vois lever les yeux au ciel : non, je n'ai pas fait 4 échantillons différents, je suis faible. Le résultat est là :

Vous voyez, ça gondole. J'ai peur que le résultat soit, comment dire...gaufré. Alors j'ai quelques pistes :
1- aller faire authentifier la bête chez une pro (genre chez Canelle, non, je ne cherche pas d'excuse)
2- m'épancher au café tricot (mais ce ne sera pas avant samedi prochain, et je ne peux pas attendre jusque là)
3- continuer et vous faire rire dans quelques semaines avec une dépression tricotesque
4- détricoter, commencer un pull avec les vieilles pelotes et un autre avec les neuvez et aller en racheter d'autres (hein? Chez Canelle...Moui, pourquoi pas?)
5- Suivre les bons conseils des pros... Je suis pendue à vos suggestions... enfin, j'attends quoi !
11 octobre 2007
Les 80 ans de papi. Episode 2 : I'm out of control
Bon, alors j'en étais au moment où on était allées au cinéma voir ce top film sur ce gros blagueur de Ian Curtis. Joy division, juste une parenthèse sur mes années de lycée... jesaispasvousmaismoi, quand j'étais au lycée, il y avait un lieu super important, c'était le foyer. Décoré par le club art plastique du bahut, au lieu de la glande devant l'éternel, avec stage continu de tarot. La truc ultime au foyer, c'était de faire passer TA musique. Genre t'apportais ta K7 (ben ouais, c'était au néolithique) et tu la posais nonchalamment sur le comptoir en faisant des yeux de faon malade pour qu'on la passe, et qu'on saisisse à quel point t'étais super cool. Je sais pas pourquoi, mais Prince, même en rêve je pouvais pas le passer. Alors, j'ai été faible et lâche, j'ai fait comme si j'aimais le rock. Qu'est-ce que ça pouvait me faire chier. Et qu'est-ce que je faisais semblant d'aimer ça. J'avais même un copain qui me filait les enregistrements des black sessions de Lenoir. Joy Division, je crois que limite, ça me faisait gerber. Déjà que j'habitais Vesoul, j'allais pas en plus écouter de la musique de dépressif (remarque, quand je pense aux statistiques du lycée Belin, je me dis qu'il y a sans doute un truc). Le pire, c'est quand on me demandait "Alors...elle est bien la K7 que je t'ai filé ?", là, en général, je prenais un air méga inspiré, je disais que c'était super puissant, tout en me disant que je n'avais aucune personnalité, et que Prince ça finirait bien par me passer un jour, que je deviendrait normale quoi. Bon, bref, tout ça pour dire que non seulement, Control, c'est vraiment mais vraiment un très beau film, que je suis allée prendre un disque des Joy (ouais, au lycée on disait les Joy... mais pas les New, pour New Order, je n'y avais jamais pensé avant) et que ça passe un peu en boucle (faudrait sans doute que j'arrête parce que Raphaël secoue violemment la tête quand ça passe)
Je parle je parle, mais je devais vous raconter les 80 ans de mon papi. Ben c'était bien. On a mangé de 11heures à 16heures 17 (je suis partie parce qu'il y avait mon train) il y avait des cailles au foie gras, du boeuf bourguignon, des desserts au chocolat. Tout le monde était content d'être là. On a raconté des blagues. On a chanté avec l'orgue de barbarie (Riquita jolie fleur de javaaaaa, vient danser, vient donner des baiseeeeers). On est sortis au soleil, et c'était bien.
Un truc dont je ne vous ai pas parlé, c'est la virée du dimanche matin, quand on est allées chercher les desserts Moumouche et moi. Je la soupçonne de vouloir ma perte pour m'emmener dans des endroits comme ça. Si jamais vous voulez vraiment manger de très très très bons gâteaux. Allez, chez Blé sucré, square Trousseau. En matière de bons gâteaux, je crois que je pourrais écrire une thèse, ben là mes amis, c'est la fête !
Ensuite, on a poussé jusqu'au marché d'Aligre. Bon, je vais essayer de rester calme, mais vous savez de quoi je peux être capable en face d'étals de légumes... Alors j'ai craqué. Je me suis acheté des mignonnes courgettes jaunes, épaisses comme le doigts (qui macèrent à l'heure qu'il est dans de l'huile d'olive avec plein d'herbes)... une merveille.

Je ne sais pas ce qui m'arrive depuis quelques temps, mais j'ai du mal à faire bref. Sans doute un signe de désordre mental... "Alors Catherine ton we à Paris, tu t'es baladée, t'as fait les boutiques "
"Ah ouiais m'en parles pas, j'ai craqué, je me suis rapporté des courgettes"
"..."

09 octobre 2007
Les 80 ans de papi. Episode 1 : she's under control
A l'heure qu'il est, je devrais faire n'importe quoi sauf bloguer (préparer l'arrivée des beaux parents, ranger, repasser, faire mon ourlet de jean qui végète depuis 10 jours, comprendre comment s'installe la webcam...), mais je suis faible. Allez zou, qu'est-ce que j'ai fait à Paris pendant ces 2 jours ???
En fait, faut que je vous dise. J'étais en mission très spéciale. Il a été question, pendant cette journée du samedi (où nous avons eu la preuve télévisuelle que Chabal est bien un australopithèque) :
1- de savoir si ma moumouche était définitivement partie à l'ouest
2- dans ce cas de la ramener à la raison.
C'est au cours d'échanges téléphoniques avec ma soeur que nous avons saisi l'urgence d'un expédition punitive. Récit :
"Salut ça va ?"
" Oh non, j'me traîne, j'en peux plus (précision, lecteur, ma soeur est très enceinte depuis 2 ans, je vous raconterai une prochaine fois) t'as eu maman au téléphone ?"
"Ouais, elle est à Dauville, elle a l'air content"
"..."
"..."
Nous deux, à l'unisson "Tu trouve pas qu'elle dérape ?"
S'en sont suivies des heures de discussions à propos de la santé mentale de moumouche, et à la conclusion suivante : le quinquagénaire (surtout s'il est d'origine italienne) a besoin d'être tenu, par des choses concrètes, genre préparer des repas pour ses tablées de descendants, garder ses petits enfants, tricoter des vêtements. Sinon, c'est la merde. Parce que ces derniers jours, les coups de fils de ma mère, c'était ça :
" Ah ma chérie, je pense à toi, je suis à Dauville, je vois le Havre de la plage"
"Alors, c'est bien ta petite sauterie ?"
"Ah écoute, je suis crevée, on a vu 240 bandes annonces, et puis plein de monde, et je t'apporterai des dvd"
"Ah ouais, t'as vu qui ?" putain, c't'erreur de bleusaille, même à 34 ans, je la fais encore...
"blablablablaJulieDepardieudupercharmantefraîcheblablablablablablabParcontreLudivineSagnierunepetitechoseblonde
queturemarquespasbblablablaAmalrictrèssympablablablablablaPoooolevooooordeilestdingueBlablabla"
Et là, il s'est passé quelque chose, je vous jure que c'est vrai, j'ai entendu Poolevorde crier à ma mère
"Allez Elisabeth, on s'accroche on s'accroche"
Après, je n'ai pas tout saisi, j'ai dû avoir 12 000 coups de fil pendant l'après midi où il était question de feu d'artifice, de robe qu'elle ne savait pas avec quoi porter. J'ai fait des tentatives, vous savez, essayer de parler en même temps qu'elle. Prononcer des phrases du genre "Ah m'en parle pas, moi non plus je ne sais pas avec quoi porter mon tablier, et puis je me pose des questions, est-ce que je fais faire les devoirs avant le bain ? Est-ce que je change les pyjamas ?" Rien ne l'arrêtait.
Ca y est, à ce stade de mon billet, il ne doit plus rester que moumouche et ma soeur (sans doute Robert?), alors je continue. Alors samedi matin, j'arrive chez Mélac, tranquille, un peu anxieuse de l'état dans lequel j'allais la trouver. On casse la croute, rien, tranquille. On part en vadrouille ton l'aprèm' (jolie balade de Charonne au Marais sous le soleil coool). Rien, propos cohérents et tout. Là, à ce stade, je me dis que je suis une fille indigne. Je vais faire un petit tour toute seule, histoire d'aller remettre en mains propres la récompense à Barbara. Allez zou, au comptoir, pour une rencontre express qui m'a fait très plaisir (j'ai commencé les rayures, je pense que ça va rendre du tonnerre). Et puis retour dans le 11ème.
C'est là qu'elle a craqué. Alors que je m'apprétais à regarder le match devant le super écran géant du bistrot, elle m'a sortie au cinéma. Et j'ai aimé ça. On est allées voir Control. Vous savez ce film sur Ian Curtis, le chanteur des Joy division. Qu'est-ce que c'était bien, mais qu'est-ce que c'était bien...
Maintenant, je me demande...Est-ce que je suis bien normale d'être allée au cinéma au lieu de regarder un match de rugby... Je sens que ma soeur a maintenant des doutes sur ma santé mentale...

06 octobre 2007
Quand j'étais petite

Je dois bien être la seule à ne pas vous avoir montré ma trombinette. Pour la date, ça doit être en 77, à Udine ou Trieste (je ne sais jamais, dis moi moumouche). Ma soeur est à côté de moi, et mon père nous a mises sur le toit de la ford Taunus. Je dois trouver le temps de la mise au point un peu longue, vu la tronche que je tire. Et pourtant, ce jour là, mon père a réussi un exploit. Saisir, au delà des nattes et des bras potelés LA tronche que je garderai toute ma vie. A quoi est-ce que je peux penser ? Que j'aurais préféré rester à la plage ? A la glace au chocolat que je meure d'envie de prendre ? Que je suis bien ennuyée parce que je n'ai pas pensé à apporter mon topolino pour la voiture...




